
Une prééclampsie…
Tout d’abord je vais vous dire quel genre de femme enceinte j’étais. Je passais mon temps à faire des recherches sur tout ce que j’avais comme symptômes et si ils étaient normaux selon le stade de grossesse auquel j’étais. Je faisais des recherches également sur d’éventuelles complications juste pour ne pas passer à côté de quelque chose qui pourrait être grave. Lorsque mes pieds avaient commencé à enfler, j’avais fait des recherches sur ce symptôme et j’avais lu des articles sur la prééclampsie. Étant donné que ma tension artérielle était toujours normale, je ne me suis pas inquiétée et je suis passée dessus. C’est vous dire donc le choc que j’ai eu lorsque le gynécologue a sorti ce diagnostic. Je savais exactement ce que c’était ce que cela impliquait.
Pour les personnes qui ne le savent pas, « La prééclampsie est une maladie liée à la grossesse qui peut mettre en danger la vie de la mère et du fœtus. Elle est caractérisée par une hypertension artérielle, des œdèmes importants et une perte de protéines dans les urines. La prééclampsie survient pendant la seconde moitié de la grossesse, à partir de 20 semaines d’aménorrhée. La prééclampsie tient son nom du fait qu’elle peut conduire à une crise d’éclampsie, une complication grave qui se traduit par des convulsions, un peu comme une crise d’épilepsie. La prééclampsie peut avoir d’autres complications graves qui justifient parfois l’hospitalisation de la patiente jusqu’à la naissance. » https://www.vidal.fr/maladies/coeur-circulation-veines/preeclampsie.html
J’étais donc complètement sous le choc mais j’essayais de garder de la contenance. Le gynécologue parlait mais moi je me posais déjà mille et une questions sur ce qui allait se passer dès ce moment. Le gynécologue m’a donc expliqué ce qu’était une prééclampsie, quels étaient les risques pour moi et le bébé. Je le regardais et acquiesçais à tout ce qu’il disait. Puis il me dit, on va vous hospitaliser et voir comment les choses évoluent cette nuit.
Deuxième choc. Je n’allais pas rentrer chez moi? J’ai donc demandé au gynécologue si je pouvais rentrer récupérer des affaires. Il m’a regardé comme pour dire « Vous ne vous rendez pas compte de la gravité de la situation », puis il m’a dit non vous ne pouvez pas partir. Il m a demandé ce que j’avais de si important à prendre et si quelqu’un ne pouvait pas me l’apporter. La vérité c’est que j’ai paniqué intérieurement, je me suis dit « je n’ai pas rangé convenablement avant de partir, il faut que je fasse ci où ça »… Je me suis dit il faut que je rentre, quelle est cette histoire…Oui c’est fou ce à quoi on peut penser au bord de l’angoisse.
Le gynécologue avait été bien clair sur le fait que mon hospitalisation devait être immédiate. Je n’ai donc pas boudé plus et m’y suis conformé. Il a ajouté que selon l’évolution de mon état, il serait possible de déclencher l’accouchement avant les 40 semaines et qu’où j’en étais ce n’était pas grave pour le foetus. La consultation a pris fin et j’ai suivi l’aide soignante qui devait me faire un monitoring fœtal selon la recommandation du médecin. Le monitoring fœtal externe est un examen du troisième trimestre de grossesse qui enregistre de façon simultanée le rythme cardiaque du bébé et les contractions de l’utérus. Il permet de savoir si le rythme cardiaque du fœtus est bon et s’il ne souffre pas pendant les contractions utérines. https://www.passeportsante.net/famille/grossesse?doc=monitoring-foetal
Nous sommes d’abord aller faire des prélèvements de sang. Puis pendant que l’on allait vers la salle d’examen, j’ai envoyé un message à mon compagnon lui disant que l’on m’hospitalisait. Il était étonné et ne comprenait pas bien ce que je lui disais. Je lui ai expliqué et il était tout aussi choqué que moi. Surtout quand je lui ai dit qu’il serait possible qu’on déclenche mon accouchement avant terme. Nous sommes arrivées à la salle d’examen et la sage femme m’a installée et a lancé la machine. Elle m’a dit que je pourrais utiliser mon téléphone sans souci.
J’en profitai pour appeler Zack, mon compagnon. Je n’avais pas donné son prénom depuis le début du récit. Nous avons longuement parlé et il était entrain de préparer mes affaires ainsi que mon repas du soir. Il était déjà 17h. Il me taquinait sur mon départ en fanfare de la maison et essayait de prendre les choses à la légère, certainement pour ne pas me stresser. Il était le seul au courant de ce qui m’arrivait. Il m’a demandé d’en informer mes proches, en particulier ma mère qui m’avait appelée pendant la consultation. J’appréhendais parce que je savais qu’elle allait stresser. Elle veut souvent paraître forte mais elle n’aime pas que les choses ne se passent pas de façon « naturelle » donc une opération telle que la césarienne…Elle serait en panique.
J’ai donc appelé ma mère pour le lui dire et comme je m’y attendais, elle a commencé à me poser des questions. « Mais ça allait bien non? Quelles sont ces histoires de tension? Tu as quel problème?On n’a pas de tension dans la famille ». J’ai donc essayé de lui expliquer mais elle ne comprenait rien à mes termes tels que « protéines dans l’urine ». Je l’ai assuré que je n’avais aucun souci, ne ressentais aucune douleur et que rien ne présageait cela si ce n’était mes pieds enflés. Nous avons tout de même discuté encore un moment et elle m’a dit que tout irait bien, que ma tension se stabiliserait le lendemain et que je pourais rentrer et continuer ma grossesse séreinement. J’ai essayé d’y croire et nous avons fait une petite prière. Après cela j’ai envoyé des messages à mes frères et sœurs pour leur dire que j’étais hospitalisée. Ils étaient tous étonnés puis ont essayé de me reconforter, chacun à sa manière.