
Mes examens étaient donc terminés. Mon séjour à l’hôpital allait donc vraiment commencer. Je tiens à dire que c’était la première fois que j’étais hospitalisée. J’étais allée dans les établissements de santé pour des consultations, des examens… Mais jamais on ne m’avait gardée. J’ai aussi eu droit à ma première perfusion, cela m’a fait bizarre d’avoir un liquide qui passait directement dans mon corps ainsi. C’était ma journée des premières fois, des premières fois qui auraient pu arriver dans d’autres circonstances genre pour un accouchement… Mais bon, je n’avais guère eu de choix.
L’aide soignante me conduisit dans ma chambre. Ce n’était pas la chambre qui m’avait été alloué à la base. Apparemment ils m’ont donné une autre chambre parce que l’initiale se trouvait dans l’aile des femmes qui venaient d’accoucher, donc elles étaient avec leurs bébés. Psychologiquement ce n’était pas le must pour moi et de plus le bruit pourrait ne faire qu’augmenter ma tension. J’ai donc apprécié cette attention du service médical, je sais bien que certains sont parfois insensibles et ratent de revêtir une blouse de psychologue quand il le faut.
J’étais dans une chambre double. Ma voisine était là parce qu’elle avait subi une opération concernant l’appareil génital. Je ne saurais dire précisément ce que c’était. Je ne lui ai pas demandé et tout comme moi elle n’était pas bavarde. Elle sortait le lendemain et était très heureuse à l’idée de retrouver ses enfants. Je l’ai su parce qu’elle avait fait un appel vidéo avec ces derniers. J’ai trouvé cela tellement mignon et j’ai pensé à mon bébé dans le ventre…Aurais-je la chance de le tenir dans mes bras un jour? Je chassai très vite cette pensée qui ne pourrait que m’attrister. Il fallait que je sois forte.
Une sage femme arriva et me sortit de mes pensées. Elle m’a fait comprendre qu’il fallait immédiatement que nous ayons les résultats de mes examens le soir même parce que le docteur voulait prendre une décision le lendemain concernant mon état. Je lui dis donc que quelqu’un arrivait et qu’il se chargerait d apporter mes prélèvements dans un laboratoire. J’appelai Zack et lui demandai d’abandonner l’idée de me faire un repas mais de plutôt me prendre un truc vite fait parce qu’il était attendu à l’hôpital. Il me dit donc qu’il se pressait.
Zack arriva donc aussi vite qu’il put. Il était tellement prevenant…Il m’a apporté à manger et les affaires dont j’avais besoin. Je lui relatai encore les faits comme le docteur me l’avait dit. Il me demandait ce qui m’angoissait pour rigoler et je lui ai dit que rien à ma connaissance ne me stressait. Nous parlions tranquillement quand la sage-femme arriva et lui tendit le bon d’examen. Nous ne connaissions aucun laboratoire ouvert à cette heure donc nous lui avons demandé conseil pour cela. Elle nous en indiqua deux et il choisit le plus proche et s’en alla. Je suis donc restée là à attendre. J’avais mon forfait internet, j’étais donc sur les réseaux sociaux histoire de me relaxer un peu. Un peu plus de deux heures après, Zack est revenu avec les résultats des examens et les a donnés à la sage femme. Nous avons un petit peu discuté encore et il était très fatigué et devait aller au travail le lendemain donc il est rentré aux environs de 23h.
Et ma longue nuit commença… J’ai averti ma voisine de chambre qu’il se pourrait que je ronfle. Cela arrivait souvent depuis que j avais pris tous ces kilos avec la grossesse. Elle en rit et dit que cela ne la dérangeait pas. Ça me rassura, j’ai horreur de déranger. Et cette longue nuit commença. Je ne saurais dire combien de fois je me suis levée pour aller au petit coin. Je pense que c’était à cause du médicament contre l’hypertension. Fort heureusement le petit coin n’était pas loin mais cela n’empêche que pour moi qui n’avait jamais eu de perfusion, me trimballer avec tout ce dispositif n’était pas facile. J’ai donc passé la nuit ainsi, entre le lit et les toilettes. Cela ne m’a pas donné l’occasion d’avoir un sommeil profond.
Le matin arriva, je ne me sentais pas vraiment fatiguée. On va dire que la nuit avait été meilleure que je l’avais imaginée. Très tôt une aide soignante vint pour nous apporter le petit déjeuner. Il était composé d’un grand bol de lait, de cacao, d’un croissant au beurre et d’un pain au chocolat. J’ai mangé sans super appétit mais c’était plutôt bon. Les croissants étaient frais et ils venaient sûrement d’une bonne boulangerie. Je fis une petite toilette mais malgré cela je ne me sentais pas assez bien mais je me suis dit je ne suis pas à l’hôtel. Étrangement ma voisine de chambre est sortie avec une serviette…je me demandais bien où elle allait car nos vestiaires n’avaient pas de douche. Enfin bref, elle n’avait pas l’air de vouloir sympathiser donc je n’allais pas l’ennuyer avec mes questions.
Le médecin, après avoir vu mon bilan demandé la veille, a demandé que l’on me fasse encore un monitoring et un examen des urines. Malheureusement je n’avais pas pu le voir parce qu’au moment où il a fait la tournée des chambres, je me débarbouillais. Au moment du monitoring, je suis tombée sur une sage femme qui ne maîtrisait pas bien l’appareil. Nous avons donc attendu que la dame qui savait comment l’utiliser arrive. Ce qui hier avait pris quelques minutes, à mis plus d’1h. Le médecin étant parti car il consultait dans une autre structure de la place, ils lui ont envoyé les résultats de mes examens du jour. J’étais une fois de plus au petit coin quand j’entendis des voix qui disaient que le docteur avait décidé de faire une césarienne. Je ne me sentais pas concernée jusqu’à ce qu’en sortant je vois que les voix provenaient de ma chambre.
Sérieusement???

