Rien ne s’est passé comme prévu – L’hospitalisation (Partie 3)

Photo d’illustration

Mes examens étaient donc terminés. Mon séjour à l’hôpital allait donc vraiment commencer. Je tiens à dire que c’était la première fois que j’étais hospitalisée. J’étais allée dans les établissements de santé pour des consultations, des examens… Mais jamais on ne m’avait gardée. J’ai aussi eu droit à ma première perfusion, cela m’a fait bizarre d’avoir un liquide qui passait directement dans mon corps ainsi. C’était ma journée des premières fois, des premières fois qui auraient pu arriver dans d’autres circonstances genre pour un accouchement… Mais bon, je n’avais guère eu de choix.

L’aide soignante me conduisit dans ma chambre. Ce n’était pas la chambre qui m’avait été alloué à la base. Apparemment ils m’ont donné une autre chambre parce que l’initiale se trouvait dans l’aile des femmes qui venaient d’accoucher, donc elles étaient avec leurs bébés. Psychologiquement ce n’était pas le must pour moi et de plus le bruit pourrait ne faire qu’augmenter ma tension. J’ai donc apprécié cette attention du service médical, je sais bien que certains sont parfois insensibles et ratent de revêtir une blouse de psychologue quand il le faut.

J’étais dans une chambre double. Ma voisine était là parce qu’elle avait subi une opération concernant l’appareil génital. Je ne saurais dire précisément ce que c’était. Je ne lui ai pas demandé et tout comme moi elle n’était pas bavarde. Elle sortait le lendemain et était très heureuse à l’idée de retrouver ses enfants. Je l’ai su parce qu’elle avait fait un appel vidéo avec ces derniers. J’ai trouvé cela tellement mignon et j’ai pensé à mon bébé dans le ventre…Aurais-je la chance de le tenir dans mes bras un jour? Je chassai très vite cette pensée qui ne pourrait que m’attrister. Il fallait que je sois forte.

Une sage femme arriva et me sortit de mes pensées. Elle m’a fait comprendre qu’il fallait immédiatement que nous ayons les résultats de mes examens le soir même parce que le docteur voulait prendre une décision le lendemain concernant mon état. Je lui dis donc que quelqu’un arrivait et qu’il se chargerait d apporter mes prélèvements dans un laboratoire. J’appelai Zack et lui demandai d’abandonner l’idée de me faire un repas mais de plutôt me prendre un truc vite fait parce qu’il était attendu à l’hôpital. Il me dit donc qu’il se pressait.

Zack arriva donc aussi vite qu’il put. Il était tellement prevenant…Il m’a apporté à manger et les affaires dont j’avais besoin. Je lui relatai encore les faits comme le docteur me l’avait dit. Il me demandait ce qui m’angoissait pour rigoler et je lui ai dit que rien à ma connaissance ne me stressait. Nous parlions tranquillement quand la sage-femme arriva et lui tendit le bon d’examen. Nous ne connaissions aucun laboratoire ouvert à cette heure donc nous lui avons demandé conseil pour cela. Elle nous en indiqua deux et il choisit le plus proche et s’en alla. Je suis donc restée là à attendre. J’avais mon forfait internet, j’étais donc sur les réseaux sociaux histoire de me relaxer un peu. Un peu plus de deux heures après, Zack est revenu avec les résultats des examens et les a donnés à la sage femme. Nous avons un petit peu discuté encore et il était très fatigué et devait aller au travail le lendemain donc il est rentré aux environs de 23h.

Et ma longue nuit commença… J’ai averti ma voisine de chambre qu’il se pourrait que je ronfle. Cela arrivait souvent depuis que j avais pris tous ces kilos avec la grossesse. Elle en rit et dit que cela ne la dérangeait pas. Ça me rassura, j’ai horreur de déranger. Et cette longue nuit commença. Je ne saurais dire combien de fois je me suis levée pour aller au petit coin. Je pense que c’était à cause du médicament contre l’hypertension. Fort heureusement le petit coin n’était pas loin mais cela n’empêche que pour moi qui n’avait jamais eu de perfusion, me trimballer avec tout ce dispositif n’était pas facile. J’ai donc passé la nuit ainsi, entre le lit et les toilettes. Cela ne m’a pas donné l’occasion d’avoir un sommeil profond.

Le matin arriva, je ne me sentais pas vraiment fatiguée. On va dire que la nuit avait été meilleure que je l’avais imaginée. Très tôt une aide soignante vint pour nous apporter le petit déjeuner. Il était composé d’un grand bol de lait, de cacao, d’un croissant au beurre et d’un pain au chocolat. J’ai mangé sans super appétit mais c’était plutôt bon. Les croissants étaient frais et ils venaient sûrement d’une bonne boulangerie. Je fis une petite toilette mais malgré cela je ne me sentais pas assez bien mais je me suis dit je ne suis pas à l’hôtel. Étrangement ma voisine de chambre est sortie avec une serviette…je me demandais bien où elle allait car nos vestiaires n’avaient pas de douche. Enfin bref, elle n’avait pas l’air de vouloir sympathiser donc je n’allais pas l’ennuyer avec mes questions.

Le médecin, après avoir vu mon bilan demandé la veille, a demandé que l’on me fasse encore un monitoring et un examen des urines. Malheureusement je n’avais pas pu le voir parce qu’au moment où il a fait la tournée des chambres, je me débarbouillais. Au moment du monitoring, je suis tombée sur une sage femme qui ne maîtrisait pas bien l’appareil. Nous avons donc attendu que la dame qui savait comment l’utiliser arrive. Ce qui hier avait pris quelques minutes, à mis plus d’1h. Le médecin étant parti car il consultait dans une autre structure de la place, ils lui ont envoyé les résultats de mes examens du jour. J’étais une fois de plus au petit coin quand j’entendis des voix qui disaient que le docteur avait décidé de faire une césarienne. Je ne me sentais pas concernée jusqu’à ce qu’en sortant je vois que les voix provenaient de ma chambre.

Sérieusement???

Rien ne s’est passé comme prévu – La prééclampsie (Partie 2)

Une prééclampsie…

Tout d’abord je vais vous dire quel genre de femme enceinte j’étais. Je passais mon temps à faire des recherches sur tout ce que j’avais comme symptômes et si ils étaient normaux selon le stade de grossesse auquel j’étais. Je faisais des recherches également sur d’éventuelles complications juste pour ne pas passer à côté de quelque chose qui pourrait être grave. Lorsque mes pieds avaient commencé à enfler, j’avais fait des recherches sur ce symptôme et j’avais lu des articles sur la prééclampsie. Étant donné que ma tension artérielle était toujours normale, je ne me suis pas inquiétée et je suis passée dessus. C’est vous dire donc le choc que j’ai eu lorsque le gynécologue a sorti ce diagnostic. Je savais exactement ce que c’était ce que cela impliquait.

Pour les personnes qui ne le savent pas, « La prééclampsie est une maladie liée à la grossesse qui peut mettre en danger la vie de la mère et du fœtus. Elle est caractérisée par une hypertension artérielle, des œdèmes importants et une perte de protéines dans les urines. La prééclampsie survient pendant la seconde moitié de la grossesse, à partir de 20 semaines d’aménorrhée. La prééclampsie tient son nom du fait qu’elle peut conduire à une crise d’éclampsie, une complication grave qui se traduit par des convulsions, un peu comme une crise d’épilepsie. La prééclampsie peut avoir d’autres complications graves qui justifient parfois l’hospitalisation de la patiente jusqu’à la naissance. » https://www.vidal.fr/maladies/coeur-circulation-veines/preeclampsie.html

J’étais donc complètement sous le choc mais j’essayais de garder de la contenance. Le gynécologue parlait mais moi je me posais déjà mille et une questions sur ce qui allait se passer dès ce moment. Le gynécologue m’a donc expliqué ce qu’était une prééclampsie, quels étaient les risques pour moi et le bébé. Je le regardais et acquiesçais à tout ce qu’il disait. Puis il me dit, on va vous hospitaliser et voir comment les choses évoluent cette nuit.

Deuxième choc. Je n’allais pas rentrer chez moi? J’ai donc demandé au gynécologue si je pouvais rentrer récupérer des affaires. Il m’a regardé comme pour dire « Vous ne vous rendez pas compte de la gravité de la situation », puis il m’a dit non vous ne pouvez pas partir. Il m a demandé ce que j’avais de si important à prendre et si quelqu’un ne pouvait pas me l’apporter. La vérité c’est que j’ai paniqué intérieurement, je me suis dit « je n’ai pas rangé convenablement avant de partir, il faut que je fasse ci où ça »… Je me suis dit il faut que je rentre, quelle est cette histoire…Oui c’est fou ce à quoi on peut penser au bord de l’angoisse.

Le gynécologue avait été bien clair sur le fait que mon hospitalisation devait être immédiate. Je n’ai donc pas boudé plus et m’y suis conformé. Il a ajouté que selon l’évolution de mon état, il serait possible de déclencher l’accouchement avant les 40 semaines et qu’où j’en étais ce n’était pas grave pour le foetus. La consultation a pris fin et j’ai suivi l’aide soignante qui devait me faire un monitoring fœtal selon la recommandation du médecin. Le monitoring fœtal externe est un examen du troisième trimestre de grossesse qui enregistre de façon simultanée le rythme cardiaque du bébé et les contractions de l’utérus. Il permet de savoir si le rythme cardiaque du fœtus est bon et s’il ne souffre pas pendant les contractions utérines. https://www.passeportsante.net/famille/grossesse?doc=monitoring-foetal

Nous sommes d’abord aller faire des prélèvements de sang. Puis pendant que l’on allait vers la salle d’examen, j’ai envoyé un message à mon compagnon lui disant que l’on m’hospitalisait. Il était étonné et ne comprenait pas bien ce que je lui disais. Je lui ai expliqué et il était tout aussi choqué que moi. Surtout quand je lui ai dit qu’il serait possible qu’on déclenche mon accouchement avant terme. Nous sommes arrivées à la salle d’examen et la sage femme m’a installée et a lancé la machine. Elle m’a dit que je pourrais utiliser mon téléphone sans souci.

J’en profitai pour appeler Zack, mon compagnon. Je n’avais pas donné son prénom depuis le début du récit. Nous avons longuement parlé et il était entrain de préparer mes affaires ainsi que mon repas du soir. Il était déjà 17h. Il me taquinait sur mon départ en fanfare de la maison et essayait de prendre les choses à la légère, certainement pour ne pas me stresser. Il était le seul au courant de ce qui m’arrivait. Il m’a demandé d’en informer mes proches, en particulier ma mère qui m’avait appelée pendant la consultation. J’appréhendais parce que je savais qu’elle allait stresser. Elle veut souvent paraître forte mais elle n’aime pas que les choses ne se passent pas de façon « naturelle » donc une opération telle que la césarienne…Elle serait en panique.

J’ai donc appelé ma mère pour le lui dire et comme je m’y attendais, elle a commencé à me poser des questions. « Mais ça allait bien non? Quelles sont ces histoires de tension? Tu as quel problème?On n’a pas de tension dans la famille ». J’ai donc essayé de lui expliquer mais elle ne comprenait rien à mes termes tels que « protéines dans l’urine ». Je l’ai assuré que je n’avais aucun souci, ne ressentais aucune douleur et que rien ne présageait cela si ce n’était mes pieds enflés. Nous avons tout de même discuté encore un moment et elle m’a dit que tout irait bien, que ma tension se stabiliserait le lendemain et que je pourais rentrer et continuer ma grossesse séreinement. J’ai essayé d’y croire et nous avons fait une petite prière. Après cela j’ai envoyé des messages à mes frères et sœurs pour leur dire que j’étais hospitalisée. Ils étaient tous étonnés puis ont essayé de me reconforter, chacun à sa manière.

Rien ne s’est passé comme prévu – La consultation (Partie 1)

Photo d’illustration

Beaucoup d’entre nous pensent avoir un contrôle total sur leurs vies. Nous pensons que tout ce que nous arrivons à accomplir est totalement de notre fait. Malheureusement je peux affirmer, encore plus depuis les événements que je vais vous relater, que la vie est aussi beaucoup la résultante de concours de circonstances. Laissez moi vous raconter comment s’est déroulé mon accouchement.

Nous étions un jeudi, je me suis réveillé le matin avec une fatigue indescriptible, cela était devenu mon quotidien depuis que j’avais pris mon congé maternité. Mon visage était un peu enflé, mes pieds très enflés, mais ça aussi c’était devenu normal pour moi. J’étais à 37 semaines de grossesse, j’ai 29 ans. J’étais censée aller à ma visite prénatale ce matin, pour cela j’aurais dû arriver à la clinique avant 7h30. Il était un peu plus de 8h, c’est vous dire combien j’étais en retard. J’ai donc appelé à la clinique et leur ai demandé si c’était plutôt possible de passer en après-midi. La dame à l’autre bout du fil m’a rassuré que le gynécologue serait là. Je l’ai remercié et ai convenu de passer en après-midi.

J’ai donc décidé de passer une journée tranquille avec mon chéri. Il était à la maison avec moi, c’était son dernier jour d’arrêt maladie. Une grosse grippe l’avait attaqué le week-end dernier. Nous avons passé une matinée plutôt tranquille, rigolant et regardant des documentaires sur la 1ere et la 2e guerre mondiale. Oui oui, vous avez bien lu, nous mangions en regardant des documentaires sur des grands faits historiques. Etant donné que ces derniers sont dans les programmes d’histoire au lycée, cela a permis de se souvenir de diverses choses.

L’heure d’aller à la clinique est arrivée. Je devais y être à 14h donc aux alentours de 13h après m’être apprêtée comme jamais j’étais prête. Avant d’y aller j’ai plaisanté avec mon compagnon en disant que j’allais spécialement être super jolie ce jour parce que j’en avais marre que les autres femmes enceintes soient toujours pomponnées alors que moi…j’étais en mode « vivement la fin ». Super lunettes sur le nez, j’ai donc pris un taxi et direction la clinique.

Lorsque je suis arrivée à la clinique, il y avait tout juste 2 femmes avant moi, cela m’a soulagée car je ne voulais pas y mettre du temps. Avant d’aller en consultation chez le gynécologue, il fallait d’abord prendre les paramètres. Donc quand ce fut mon tour, on me prit le poids puis la tension. Habituellement ma tension était à 12/8 donc ce passage ne me préoccupait pas vraiment, c’est le passage sur la balance qui m’importait. J’ai d’ailleurs constaté que j’avais pris juste 1kg cette fois ci par rapport à la dernière visite, ça m’a fait plaisir. Par contre après la prise de ma tension, l’aide soignante marmonnait quelque chose mais je ne comprenais pas. Je n’ai pas voulu lui demander non plus. Je suis allée m’asseoir en attendant mon tour chez le gynécologue.

Ce très cher gynécologue, je vais essayer de vous le décrire en peu de mots « pas très bavard ». A chaque consultation il me posait toujours quasiment les mêmes questions: « Comment allez vous? Vous avez mal quelque part? Vous prenez bien les médicaments ? ». Après l’échographie si on en faisait une, il me disait juste « le bébé va bien » puis il venait marquer tout ce qui concernait le bébé sur la fiche qu’il allait me donner. A ma 1ere consultation, je suis sortie de là un peu confuse mais j’ai compris plus tard qu’il fallait lui poser des questions. Désormais je faisais tout pour engager la conversation et lui parler de mes préoccupations, nous avons finalement fini par bien nous entendre.

Ce fut donc mon tour d’aller chez le gynécologue. Je m’attendais à ce que les choses se passent comme toujours et ça avait même déjà commencé. Il m’avait demandé comment ça allait, je lui ai dit que j’étais fatiguée et mes pieds toujours enflés. Il m’a demandé si au réveil c’était ainsi j’ai répondu par l’affirmative. Quelques secondes plus tard son regard a changé. Il m’a dit ta tension est à 17/10, c’est plutôt élevé. J’ai senti que quelque chose clochait mais il essayait de rester calme. Il m’a demandé de me déplacer afin qu’il puisse faire une échographie et un toucher vaginal.

Je me sentais un tout petit peu anxieuse mais j’espérais que ces examens dissiperaient mes inquiétudes. Hélas, non. Concernant le bébé, tout allait bien et l’évolution était bonne. Il m’a demandé si je ressentais des contractions, j’ai dit que non. Il a commencé à me poser des tas de questions. Après cela il m’a demandé d’aller faire un test urinaire. J’y suis allée et je suis revenue avec les résultats. Il m’a dit que j’avais des protéines dans l’urine et que cela signifiait une chose vu ma tension élevée et mes œdèmes aux pieds…Je faisais une prééclampsie.

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer